Ce site affirme que le Soleil traverse treize constellations, et il donne des dates au jour près. Cette précision n’a rien d’évident : pour dire dans quelle constellation se trouve un point du ciel, il faut que les constellations aient des bords. Elles n’en ont eu qu’à partir de 1930.
Avant : des figures, pas des territoires
Pendant deux millénaires, une constellation a été un dessin — un groupe d’étoiles qu’une culture a reliées. Un dessin n’a pas de frontière. Les atlas se contentaient de courbes tracées à la main, différentes d’un auteur à l’autre, et les étoiles faibles situées entre deux figures appartenaient à celle que l’astronome voulait bien leur attribuer.
Ce n’était pas gênant tant qu’on nommait les étoiles brillantes. Ça l’est devenu quand les catalogues ont commencé à en compter des centaines de milliers, et que la même étoile s’est trouvée rangée dans deux constellations selon le livre consulté.
1930 : Delporte trace des bords
L’Union Astronomique Internationale confie le travail à l’astronome belge Eugène Delporte, qui publie en 1930 une délimitation des 88 constellations couvrant la totalité du ciel — sans trou et sans recouvrement.
Le procédé est d’une simplicité délibérée : les frontières suivent des lignes de coordonnées, ascension droite constante ou déclinaison constante. Des segments verticaux et horizontaux, jamais une courbe. Un point du ciel appartient donc à une constellation et à une seule, et le dire ne demande aucun jugement.
Un détail compte, et il explique une bizarrerie visible sur n’importe quelle carte du ciel moderne : ces lignes ont été tracées dans le repère de l’époque 1875, choisi parce que c’était celui des grands catalogues du siècle. Or le ciel précesse. Vu depuis nos coordonnées d’aujourd’hui, les frontières de 1930 ne sont plus ni verticales ni horizontales : elles sont légèrement inclinées, et elles le seront un peu plus chaque siècle. Ce n’est pas une erreur — c’est la trace, sur une carte, d’une décision datée.
Ce que ça change, et ce que ça ne change pas
Ça ne change rien aux étoiles. Une frontière est une convention, pas une découverte : Antarès ne devient pas plus rouge parce qu’on a décidé qu’elle est dans le Scorpion.
En revanche, ça rend une question décidable. « Dans quelle constellation était le Soleil le 26 novembre ? » n’avait pas de réponse en 1900 ; elle en a une depuis 1930, et c’est la même pour tout le monde.
C’est la seule raison pour laquelle ce site peut promettre un résultat vérifiable. Il ne propose pas sa propre découpe du ciel : il applique celle de l’UAI, qui est publique, publiée et inchangée depuis quatre-vingt-seize ans.
Une convention précise vaut mieux qu’une vérité floue, quand ce qu’on veut, c’est que deux personnes obtiennent le même résultat.
Les conséquences, dont une gênante
Ces frontières découpent la bande du zodiaque en morceaux d’une irrégularité que le zodiaque à douze cases égales ne laisse pas soupçonner.
| Le plus long passage | Vierge, 45 jours |
| Le plus court | Scorpion, 6 jours |
| Rapport entre les deux | 7,5 |
| Constellations traversées | 13 |
Le Scorpion, l’une des figures les plus reconnaissables du ciel, est aussi celle que le Soleil quitte le plus vite : six jours, du 24 au 29 novembre. Non parce que le Scorpion serait petit — il est vaste —, mais parce que l’écliptique n’en coupe qu’un coin.
Et juste après vient le Serpentaire, où le Soleil passe dix-neuf jours sans qu’aucune tradition astrologique ne lui ait jamais donné de place. Il est là depuis toujours ; c’est le découpage en douze qui n’a pas voulu de lui.
L’objection : « ce n’est qu’une convention »
Elle est juste, et elle ne mène pas où l’on croit.
Oui, les frontières de 1930 sont arbitraires. Elles auraient pu passer ailleurs. Mais le zodiaque à douze parts égales est lui aussi une convention — plus ancienne, moins précise, et fondée sur un ciel qui a bougé depuis. Entre deux conventions, celle qui est datée, publiée, et vérifiable par n’importe qui a un avantage qui n’est pas mince.
Reste que ni l’une ni l’autre ne dit quoi que ce soit de votre caractère. Ce site ne prétend pas le contraire : ce qui est exact ici, c’est l’astronomie.
Sur la dérive qui sépare ces frontières du zodiaque hérité, voir le zodiaque a pris un mois de retard. Sur la précision qu’exige un ascendant, voir entre Brest et Nice.
Sources : Eugène Delporte, Délimitation scientifique des constellations, Union Astronomique Internationale, 1930 — domaine public, repère 1875. Durées de passage calculées pour l’année 2026 et dérivant d’environ un jour tous les soixante-douze ans.